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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 20:53

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La mort .. L'inconnu . L’être humain qui veut tout avaler, comment peut-il accepter la mort ? De même, comment juger, dans ce monde où l'on s'efforce de survivre à tout prix, ceux qui décident de mourir? 

Peut-être les psychopathes ont raison de parler d'un monde au delà du réel. Veronika : cette jeune fille qui a décidé de mettre fin à sa vie, qui a eu le courage de dire NON à ce monde, elle incarne un sentiment assez fort, assez grave : la dépression.

Victime d'un psychothérapeute ambitieux et curieux ; Veronika a vécu des moments de mélancolie : d'amour et de haine, de liberté et de pression, de joie et de tristesse, de folie et de conscience, la conscience de la mort. 

En fait, "La conscience de la mort nous incite à vivre davantage", affirme Paulo Coelho en parlant de cette femme tant brave .Cette jeune qui a enduré l'idée d'avoir seulement cinq jours à vivre avant que son cœur s’arrête. "Rien dans ce monde n'arrive par hasard". Ainsi, était le cas de Veronika , peut être le destin obscur lui a choisi de vivre cette histoire : décider de mourir, entrer à Villette, se faire soigner par le Dr Igor , se faire croire qu'elle souffre d'une grave maladie cardiovasculaire et qu'elle ne vivrait que cinq jours , rencontrer Edward le schizophrène , et décider de passer le reste de sa vie dans une harmonie d'amour et de tendresse , tout en ignorant que sa santé est tout à fait normale et qu'elle était , tout simplement, une victime d'un traitement que le psychothérapeute chercheur a voulu expérimenté .

C'est peut être injuste, mais c'est intelligent. Rendre l'envie de vivre à une âme totalement morte est un art, et rare sont les artistes. Coelho nous a offert l'opportunité de vivre dans un hospice des malades mentaux.

Néanmoins, on doit l'admettre : nous sommes tous des psychopathes. Nul n'est hors de la folie. La schizophrénie, le syndrome de panique, la dépression : on a tous expérimenté ces cas, volontairement ou à contre cœur. Nous sommes sur la terre, vivant dans un monde d'imperfections , communiquant avec des êtres humains souvent malhonnêtes , menant des rêves souvent irréels et irréalisables..

La folie est, donc, une conséquence évidente. Que la folie nous pousse à refuser de survivre ou pas, je ne sais pas. Cependant, elle nous plonge certainement dans un vortex de doutes et de questions dont les réponses sont à présent encore introuvables. Oui, c'est la nature humaine. ça sera donc insensé de juger une personne d’être folle, ou "anormale", car, d'une perspective psychologique, et s'il est par convention valide de nommer un psychopathe "fou" , nous sommes tous des fous. L'infidélité, la mythomanie, l’égoïsme, la malhonnêteté, l'envie, la jalousie  ... Ce ne sont que des preuves de folie.

 

Vive nous… les fous ! :) 

 

Meriam Chiha (24- 05- 2014)

 

____ 

 

Inspiré d'un oeuvre de Paulo Coelho : Veronika décide de mourir. 

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Samia Lamine - dans Récit
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 17:50


 

 


LE TAXISTE.

 

 

Blotti devant la grotte, entre les rochers, au sommet de la falaise, ses yeux noirs fixés vers l’horizon regardent loin malgré l’épais voile torrentiel qui les dissimule.

L’air marin, ce matin, ne le caresse pas, ne fait pas frissonner ses narines, ne l’enivre pas… Silencieux, aussi inactif et aussi apathique que les rocs battues par les vagues blanches déferlantes: il est engourdi par l’amer souvenir du jour où il ne l’a plus revue. 

   

Les voiles sont invisibles, perdues qu'elles sont dans la houle de l’océan et enfoncées dans les nuages noirs, lourds et épais. Les rafales gonflent sa poitrine et ses côtes matées par la douleur sont brisées.

 

Des baleines affamées auraient mené leur danse macabre autour de l’épave, vaguant au gré de l’onde rugissante et des morts surnageants ou engloutis dans le gouffre salé...

Serait-elle  déjà devenue oiseau  dans le ciel?… Mais, ses ailes illuminées auraient-elles pu arracher son corps aux scies voraces de l’animal marin? AH ! Ma chérie !... Aurait- elle vu son cadavre lacéré? Oh ! Mon Dieu !... Aurait-elle vu sa jambe vomie et emportée vers le nord et son fémur vers le sud ? Quelle horreur!... Aurait-elle entendu le craquement de ses os et les cris désespérés puis étouffés de leur fille l’appelant ? Oh ! Mes chéries !

 

Il  pleut des larmes de sang  sur joues froissées par le supplice de ces sinistres illusions  et toutes mouillées comme ses cheveux frisés. Son cœur enragé râle contre les vagues qui le regardent avec indifférence. Mais il est incapable de souffler un mot, pas même un soupir ; Maintenant, il a la gorge serrée, les mains crispées comme la gueule du mammifère fermant l’étau sur sa proie et qui aurait, peut-être, dévoré ce qu’il avait de plus cher dans la vie.

 

Les heures passent. Cela fait déjà quatre heures qu’il est là. Soudain, l’éclaircie apparaît fendant les brumes. Aveuglé, par cette lumière, il est secoué comme suite à un électrochoc.

  

Il regarde le ciel… L’arc-en-ciel resplendit avec ses couleurs dans la voûte céleste… 

 

Il  rentre chez lui…   

 

Le lundi, au matin, il se réveillera au lever du jour et reconduira son taxi jaune dans le vacarme de la ville.

 

Des mois et des semaines passent… Il revient à la falaise…

Samia Lamine© 2009



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Samia Lamine - dans Récit
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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 11:13







 

                                          DEUIL et DESTIN.
        
        
       

 

           Si son enfant avait vécu, il aurait eu aujourd’hui vingt ans. Etant intelligent, sérieux et studieux, il aurait, déjà, eu son bachot. Il aurait rencontré une jeune fille qu’il aurait aimée et comblée de sa verve de jeune adolescent ; Son cœur était si tendre, si affectueux et si attentionné malgré les épreuves imposées par le destin géographique.
        
        Chaque jour, Sitt Amall* se lève le matin, porte le regard vers le ciel, fait ses ablutions puis, après le « assalamou aleykom »* annonçant la fin de toute prière, elle dirige ses yeux vers le mur où le portrait de son enfant la regarde vivre depuis huit ans.
        Elle s’effondre en larmes, comme à chaque fois qu’elle le revoit entrain de jouer, comme chaque fois qu’elle le revoit réviser ses leçons, comme chaque fois qu’elle le revoit dormir tel un ange. Ainsi, Amall vit entre son quotidien : les travaux ménagers, l’éducation de ses enfants et les souvenirs.
        Depuis huit ans, les cheveux de la quadragénaire perdent chaque jour de leur couleur noire, chaque jour son visage creuse un sillon de plus et ses yeux s’enfoncent davantage. Après son dernier accouchement du garçon qui, aujourd’hui, porte le nom de son frère martyr, le corps de la jeune dame s’est amolli et affaibli. En la voyant, on croirait une vieille qu’un siècle a vue déchoir et dégénérer.
        
        Aurait-elle connu un autre sort si le cadavre de son fils, arraché subitement à la vie, n’avait pas été ramené baignant dans son sang pareil à un oiseau que de terribles yeux chasseurs avaient visé ? Sûrement, les souffrances de vivre dans le ghetto noir auraient été adoucies par son sourire, ses jeux et ses rêves…
        
        C’était le 30 septembre 2000, au Carrefour, rue Salaheddine, à proximité de la colonie de Netzarim, dans la Bande de Gaza, que le corps de Mohamed Dorra a été perforé par des balles criminelles… Elles ont violé et volé son enfance, son innocence et la jeunesse de sa mère…tout comme le village Oued Hanna que son grand père paternel avait dû quitter en 48 pour le camp d’ Al Barij où sa famille endeuillée a reçu les condoléances dans le silence des uns, les cris déchirants des autres et les « you- you » de certaines.

 

 Ce jour là, le petit était parti, avec son père Jamel, acheter une voiture. Sur le chemin du retour à la maison, à cause des tirs dans le carrefour, le taximan les avait obligés à descendre. Et ils avaient dû continuer le chemin à pieds…
        
        Mohamed avait toujours rêvé de devenir médecin pour soigner les blessés ou architecte pour concevoir les maisons à reconstruire dans son pays…


Samia Lamine© 2009

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Samia Lamine - dans Récit
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 22:47

 

                               
      
                                                         KACEM ET BAHIA.



  Comme tous les petits, il aimait jouer au ballon, à la toupie et aux billes dans le quartier avec ses amis. Comme tous les petits, il a eu peur de l’école le premier jour de la rentrée. Comme tous les petits, il aimait beaucoup son institutrice qui était douce, tendre et attentionnée. Comme tous les petits, il aimait sa mère.
        Mais lui, ne connaissait pas sa mère décédée au passage d’un barrage alors qu’elle devait aller à l’hôpital pour accoucher.
        Il était, donc, né dans la rue et son premier cri fut accompagné du rugissement des obus qui achevèrent les douleurs originelles de sa maman.
        
        Un jour, il pleuvait à torrent. Il errait dans les rues vides. Sa longue chevelure noire collait à ses joues et couvraient un front que le destin géographique avait déjà sillonné. Il marchait à pas lents. Le vent, très fort, venait d’abattre des arbres qui avaient vu les bulldozers de la destruction… 

        C’étaient des oliviers, pourtant, réputés pour être éternels. Mais le souffle de la nature en colère patronné par l’œuvre destructrice de l’homme avait rendu sa tâche facile. Ils roulaient au milieu de la chaussée sans qu’il soit tenu compte du code routier.
        Le jeune homme était muet quoiqu’il eût envie de crier et d’implorer le vent. Mais ses cordes vocales furent étranglées et sa gorge ne laissait pas sortir les mots. Alors, il se mit à courir…
        Et entraîné par la force éolienne, il arriva au bout d’un chemin où se dressait encore un de ces géants plantés depuis des milliers d’années car il avait, à tout, résisté. Mais, il s’y cogna et tomba sans pousser aucun cri. Le lendemain, il se réveilla. L’arbre ou son fantôme, il ne savait plus, n’était plus là!
        
        Des perles de larmes limpides perlaient des deux yeux noirs effrayés et caressaient ses joues. Des mains blanches étaient enfouies dans la nuit de sa chevelure encore humide. Etait-ce un ange? Une fée? Une apparition? 

 

       Soudain, il sursauta.
        C’était Bahia son ami d’enfance ! Pendant des années, ils s’assoyaient sur le même banc. Pendant des années, leurs cœurs, réprimés et séparés par des murs en béton, battaient l’un pour l’autre. Pendant des années, leurs âmes muettes se parlaient à distance. Pendant des années, leurs regards attendaient le miracle de cette tempête !
        Kacem se retrouva après toutes ces années. Le temps avait tout tué en lui sauf l’amour de la terre. Pourtant, le travail de la terre, dans les oliveraies des colonies avoisinantes qui entouraient son petit village comme un champ clôturé de barbelées, avait durci ses mains.
        Et avec ses mains amoureuses et nostalgiques des années innocentes, il écarta un rayon du soleil qui effleurait les petites lèvres fraisées de sa bien aimée… Puis, il serra tendrement ce buste mûri…
        Et ils se levèrent… Ils marchèrent doucement, lentement, sans se parler…sans se dire un mot…Ils se sont posés la tête l’un contre celle de l’autre comme pour chercher à assouvir leur désir de la paix et de la sérénité de l’âme, comme pour s’abreuver de la tendresse et de la douceur qu’ils n’avaient jamais ressenties depuis les derniers jeux innocents…

 
           A huit ans, en revenant de l’école, Bahia avait vu son père, sa mère, son petit frère et sa poupée sous les décombres de leur immeuble bombardé. Sa tante avait demandé qu’elle aille chez une cousine pour qu’elle y mange et dorme et afin de lui épargner de voir les corps ensanglantés, déchirés, concassés et les os brisés et broyés. 

        Mais la petite, habituée à ces spectacles, comprit qu’elle devint orpheline. Elle criait en silence. Elle pleurait son papa, sa maman, Midou et Lina ! Midou était son petit frère Mohamed âgé de trois ans et Lina sa poupée avec laquelle elle jouait, qu’elle coiffait, lavait et habillait. Et depuis, elle ne les a plus revus !

        En retrouvant Kacem, ce jour là, Bahia retrouva le temps perdu et pensa que ses larmes allaient sécher.

 En effet, deux mois après leur rencontre, Kacem et Bahia se marièrent. Amis, voisins, tous les gens du village étaient là. On dansait la dabka. On chantait et poussait des youyous de joie.
        Mais, vers minuit, les festivités furent interrompues par un signal d’alarme et les hélices des hélicoptères qui tournoyaient et sonnaient le glas!
        En hâte, tous les invités embrassèrent les deux nouveaux époux qui pensaient être enfin réunis, qui croyaient qu'ils allaient goûter aux plaisirs de la vie et vivre un bonheur que leurs yeux, étincelants pour la première fois, n’avaient jamais connu !
        Après s’être promis fidélité et s’être jurés de se soutenir dans le meilleur et le pire, ils partirent. La voiture décorée de rubans du Cheikh Ahmed les emmena chez eux : un petit appartement qu’il avait loué pour quelques Lires.
        
        
        Mais, avant d’arriver à leur maison, ils sentaient l’odeur de la fumée ; Ce n’était pas de l’encens provenant des canouns. Et quand ils s’en approchèrent des gouttes d’eau mouillaient la voiture; Ce n’était pas de l’eau de rose. Ils entendaient des voix excitées; Ce n’était pas des youyous. Ils voyaient des étincelles brillantes ; Ce n’était pas un feu d’artifice.
        Et enfin, ils étaient à deux pas de leur foyer : l’immeuble était complètement détruit, les chiens flairaient les décombres, les sapeurs pompiers venaient d’éteindre les flammes, les infirmiers emportaient les blessés et les volontaires mettaient les cadavres dans des sachets.
        
        Kacem et Bahia se regardèrent. Puis, leurs yeux écarquillés sondèrent l’aurore. Le soleil allait se lever…  



         © 2008 Samia Lamine

 

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Samia Lamine - dans Récit
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 18:04



  LA CRAVATE.
        
        
        Il se réveille. Le réveil et la pendule le regardent. Il lève la tête engourdie par le sommeil profond de la veille : mort dont il ne se souvient plus.
        
        Dans la salle de bain, le miroir l’appelle. Il s’y voit mais ne se reconnaît pas. Il prend le rasoir tond le masque barbu qu’il n’a pas vu depuis des jours et des nuits. Il se regarde un instant sans se voir.
        Il entend ses pas lourds et pesants qui le ramènent vers la chambre à coucher. Il est devant la glace de la coiffeuse couverte de poussière. Il la regarde. Mais, il ne se voit pas. Il se tourne vers la penderie dont les portes sont ouvertes depuis des jours et des nuits. Le beau costume gris en soie, la tendre chemise et la cravate encore parfumée sont encore là. La belle cravate de la destinée encore embaumée! La cravate qu’il a achetée le mois dernier pour compléter la tenue portée lors de son dernier rendez-vous avec elle. Il hume, comme une odeur divine, la belle senteur qui l’atteint malgré l’humidité de la pièce et la puanteur du tabac !
        
        Ring… Ring…C’est le portable. Il n’a pas sonné depuis des jours ! Ring… Ring… Puis, plus rien. Ce n’est pas important ; Le numéro lui est étranger. Une idée lui vient de la rejoindre. Ring… Ring… Ring… Rien… Aucune réponse…
        
        Se sentant comme étranglé par une boule à la gorge, il accourt à la fenêtre fermée depuis plusieurs jours. Il soulève les stores abaissés en faisant tourner hâtivement la manivelle. Il sort la tête hâtivement et boit l’air comme un assoiffé : Ouh !Ouh !
        Le ciel est turquoise. Il doit être midi. Mais lui, ne le sait pas. Mais lui, ne le voit pas. Traumatisé par la lumière, il remet la pièce au noir. Il lève les yeux vers le plafond ; vides, ils restent fixés sur le lustre en cristal éteint…
        Ensuite, il se traîne vers la vielle penderie, retire la cravate, la met autour du cou, prend une chaise en bois massif hérité de ses parents au siècle dernier.

 Ring… Ring… Cette fois, c’est à la porte qu’on sonne. Il ne veut rien entendre. Il s’est déjà décidé. Mais, l’acharnement du visiteur à ne pas lâcher le bouton de la sonnette excite sa colère et l’arrache de la torpeur et de la léthargie dans lesquels il a sombré depuis des jours et des nuits. Il ouvre la porte. Gelé, engourdi, paralysé ; Il voit que c’est elle.
        
        Elle le prend par la jolie cravate pas encore nouée, l’attire à elle et pose un tendre bisou sur les lèvres bleues de celui qui fortuitement n’est pas un cadavre. Elle caresse ses joues blêmes avec cette soie. Il regarde ses grands yeux brillants. Il les fixe. Et… il se voit dans le miroir de leurs étincelles…
        
        Quelques heures après, il ouvre les yeux. Il regarde le réveil puis la pendule qu’il a achetée à la brocante il y a vingt ans.
        Il est minuit.   

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samia lamine - dans Récit
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