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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 01:58
La plainte de la flûte (Mawlana Rumi)- Traduit par Samia Lamine.
La plainte de la flûte (Mawlana Rumi)- Traduit par Samia Lamine.
La plainte de la flûte (Mawlana Rumi)- Traduit par Samia Lamine.

Ecoute la flûte qui raconte son histoire

Et qui souffrant de la séparation diffuse sa plainte:

 

Depuis que j’ai été coupée des roselières, mes gémissements font pleurer les hommes et les femmes.

Et il me faut un cœur déchiré… déchiré et éreinté par la séparation

Pour lui avouer la douleur de mon désir ardent.

 

Tout être séparé de sa racine,

Souvent, éprouve la nostalgie du temps où y il était uni.

Et c’est ainsi que je suis devenue une source de plaisir dans les grandes festivités.

Je chante pour les gens heureux et je me lamente pour les malheureux

Et chacun me croit son ami.

Mais… personne n’a pu percevoir ma vérité.

Or, mon secret n’est pas loin de mes lamentations…

Mais où trouver l’oreille avisée et l’œil éclairé ?

Le corps est uni à l’âme et l’âme y baigne.

Mais est-il un humain qui puisse percevoir l’âme ?

 

Le gémissement de la flûte est une flamme et non un souffle...

Et nul n’a été si le feu n’a point troublé son cœur.

Le gémissement de la flûte est la frénésie du vin et la fièvre de l’amour…

C’est ainsi que la flûte est devenue l’amie des amants abandonnés

Et c’est ainsi que ses mélodies ont déchiré le voile devant nos yeux…

Mais qui a vu un poison et un antidote, comme la flûte?!

Et qui a vu un amant impatient, comme la flûte?!

La flûte, elle, elle nous dit les récits du chemin maculé de sang

Et elle nous rapporte les paroles de l’amour du « Majnoun »…

 

Et la sagesse qu'elle raconte est interdite à ceux qui sont insensés

Car, nul n’est capable de capter les douces paroles qu’une oreille avisée.

 

Texte de Mawlana Jalel Eddine Rumi traduit de l’arabe par: 

Samia Lamine

 

Ci- joint le texte en arabe"أنين الناي لمولانا جلال الدين الرومي traduit du persan par Zouhair Salem

Source du texte en arabe: http://www.asharqalarabi.org.uk/ruiah/qutuf-17.htm

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 12:30
Farid Latrach.

Farid Latrach.

Te revoilà

O jour de ma naissance

Te revoilà  

O toi malheureux jour

 

La jeunesse s’est écoulée

Entre mes mains

Et les cheveux blancs

Ont envahi ma raie

 

Comme j’aurais aimé que tu n’eusses été

O jour de ma naissance

Qu’un jour sans lendemain 

 

Comme j’aurais aimé

Depuis l’éternité

N’avoir pas vécu cette vie

 

Cette vie… je l’ai vécue

Et je la vis encore

Dans l’ignorance qu’elle est… une vie

 

Comme j’aurais aimé

Depuis l’éternité

N’avoir été qu’une âme

Et que je le suis encore…

 

Je suis une existence

Sans jeunesse

Et une vie sans printemps

 

J’achète l’amour

Contre la souffrance

J’achète…

Qui donc vend ?

 

Je ne suis qu’une illusion

Je suis un miraaaaaaaage

 

Chanson de Farid Latrache traduite de l’arabe par Samia Lamine.

Paroles de Kamel Chennawi.

Musique : Farid Latrache

Maqam : Kord.

(1962)

 

عدت يا يوم مولدي...


كلمات: كامل الشناوي 
ألحان: فريد الأطرش 
مقام: كرد 
تاريخ: 1962

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 18:30
Mahmoud Darwich.

Mahmoud Darwich.

Comme l’herbe qui pousse entre les jointures des rochers,

On s’est rencontré un jour* tels deux étrangers… 

Le ciel printanier composait l’étoile après l’étoile.

Et moi, je composais une strophe d’amour

Pour tes yeux… Et je l’ai chantée !

 

Tes yeux, savent- ils que j’ai longuement attendu

Comme l’été qui a attendu un oiseau

Et que j’ai dormi comme l’émigrant

Ayant un œil fermé tandis que l’autre demeure éveillé

A pleurer sa sœur… ?

Amoureux, nous sommes

Jusqu’à ce que s’endorme la lune.

Nous, nous savons que les étreintes et les baisers

Sont la nourriture des nuits d’amour

Et que le matin appelle mes pas à poursuivre

La  route pour encore un nouveau jour !

 

Amis, nous sommes… Marche, donc, près de moi main dans la main

Ensemble… nous ferons le pain et les chansons !

Pourquoi  demander à ce chemin…  où il nous mène…

Et comment il a cicatrisé nos pieds ?

Mon destin et le tien... C’est d’aller

 Ensemble  pour l’éternité !

Pourquoi chercher  les tristes élégies dans un recueil ancien?

Et pourquoi nous demander : O ! Amour vas- tu durer ?

Je t’aime…

De l’amour des caravanes pour l’oasis d’herbes et d’eau

Et de l’amour du pauvre pour le pain !

 

Comme l’herbe qui pousse entre les jointures des rochers

On s’est rencontré un jour* tels deux étrangers… 

Et nous resterons des camarades  pour toujours…

 

Poème de Mahmoud Darwich traduit de l'arabe par :Samia Lamine.

 

(أجمل حب - محمود-درويش: ترجمتها الى الفرنسية سامية الامين

 

Poème original en arabe chanté par Marcel Khalifa: * Dans la chanson, Marcel Khalifa a remplacé dans le refrain le mot "un jour" ("yawmann") par " ensemble" (°maan").

مرسال خليفة - اجمل حب - شعر محمود درويش.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 10:03
على هذه الارض ما يستحق الحياة- محمود درويش.
على هذه الارض ما يستحق الحياة- محمود درويش.
على هذه الارض ما يستحق الحياة- محمود درويش.

على هذه الارض ما يستحق الحياة- محمود درويش.

Sur cette terre, il y a ce qui vaille la peine qu’on vive : L’hésitation d’avril, l’odeur du pain

 A l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le début

De l’amour, de l’herbe sur un rocher, des mères debout sur le fil d’une flûte, et la peur

Des conquérants devant les souvenirs.

 

 

Sur cette terre, il y a ce qui vaille la peine qu’on vive :

La fin de septembre, une femme qui quitte

 La quarantaine avec tous ses abricots, l’heure du soleil en prison, un nuage qui imite

Un essaim d’êtres, les acclamations d’un peuple à la gloire de ceux qui s’élèvent au ciel

En souriant et la peur des tyrans devant les chansons.

 

 

Sur cette terre, il y a ce qui vaille la peine qu’on vive: Sur cette terre, il y a la dame

De la terre…

La mère des commencements et la mère des fins.Elle s’appelait la Palestine.Et désormais,

Elle s’appelle La Palestine. Madame, parce que tu es ma Dame, ma vie vaut la peine d’être vécue.

 

Poème de Mahmoud Darwich traduit en français par Samia Lamine. 

 

Lien vers un article précédent consacré au poème:http://samialamin.over-blog.fr/2016/03/sur-cette-terre-il-y-a-ce-qui-vaille-qu-on-vive-mahmoud-darwich.html

 

Le texte original en arabe:

على هذه الأرض ما يستحقّ الحياة لمحمود درويش ترجمتها للفرنسية سامية الامين.

على هذه الأرض ما يستحق الحياة: تردد إبريل، رائحة الخبزِ

في الفجر، آراء امرأة في الرجال، كتابات أسخيليوس ، أول

الحب، عشب على حجرٍ، أمهاتٌ تقفن على خيط ناي، وخوف

الغزاة من الذكرياتْ.

على هذه الأرض ما يستحق الحياةْ: نهايةُ أيلولَ، سيّدةٌ تترُكُ

الأربعين بكامل مشمشها، ساعة الشمس في السجن، غيمٌ يُقلّدُ

سِرباً من الكائنات، هتافاتُ شعب لمن يصعدون إلى حتفهم

باسمين، وخوفُ الطغاة من الأغنياتْ.

على هذه الأرض ما يستحقّ الحياةْ: على هذه الأرض سيدةُ

الأرض، أم البدايات أم النهايات. كانت تسمى فلسطين. صارتْ

تسمى فلسطين. سيدتي: أستحق، لأنك سيدتي، أستحق الحياة.

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 00:09
Dans la station du train, Mona ALLASSI- (Traduction: Samia Lamine)
Dans la station du train, Mona ALLASSI- (Traduction: Samia Lamine)

Dans la station du train

L’attente guide les directions

Vers leurs destinées

Les voyageurs occupés à manger

Leurs fast- food

Avec la lenteur de la tortue

Ils boivent le café

Pour que leurs cœurs ne se réveillent pas

Et la bière sur leurs lèvres

Raccourcit l’écume de l’absence

 

Seul

Il était penché sur le mur de la folie

Avec ses pieds qui essayaient de s’endormir

Sur un corps tremblant

Préoccupé par un morceau de tissu

Qui n’a de couleur qu’une hémorragie

 Nasale

Et une larme qui avait perdu son chemin

A coulé de son pantalon.

 

Mona Allassi (Traduction: Samia Lamine.)

 

Le texte original en arabe:

 

في محطة القطار 
الانتظار يقود الجهات 
الى مصائرها 
المسافرون منشغلون بتناول وجباتهم 
السريعة 
ببطء سلحفاة
يشربون القهوة 
حتى لا تصحو قلوبهم 
والبيرة على شفاههم 
تختصر رغوة الغياب


وحده 
كان يتكئ على جدار الجنون 
بقدمين تحاولان النوم 
على جسد مرتجف 
منشغل بقطعة صغيرة من القماش 
لا لون لها سوى نزيفاً 
مخاطياً
ودمعة ضلّت طريقها فسالت 

من بنطاله

.منى العاصي

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 21:10
TUNISIE. (Sghaier Ouled Hmed.) - (Poème traduit par Samia Lamine)
TUNISIE. (Sghaier Ouled Hmed.) - (Poème traduit par Samia Lamine)

TUNISIE.

1-

J’ai abandonné la vie...

Et j'ai dit: Vis- là en

Poésie

Et prose

Critique

Et missionnaire

Durant les quatre saisons…

 

 

2-

Une femme

Et ma mère

……………………….

Je n’ai point de... tombe...

Dans l’après…

(Dans l’autre…)

Que  ces sept lettres:

TUNISIE*

 

Poème de Mohamed Sghaier Oulad Hmed traduit de l'arabe par Samia Lamine (05/04/2016)

 

Notes :

-*Dans le texte en arabe, le poète parle de «quatre lettres » car le mot « TUNISIE» en arabe est, en effet, composé de 4 lettres ت و ن س

 

Sur sa page FB, le poète Ahmed Sghaier Ouled Hmed a posté son dernier poème écrit à l’hôpital militaire de Tunis la veille de son décès et le jour de son anniversaire le 4 avril 2016.

 

اخر ما كتبه الصغير اولاد احمد على صفحته على الفيسبوك يوم 4 افريل 2016:

تونس

 

1-

سلّمتُ في الدُّنيا...

وقلتُ:أ كونُها:

شعرًا

ونثرًا

ناقدًا

ومُبشّرًا

...طولَ الفصولِ الأربعهْ

 

-2

أنْثَى

وأمّي

...........................

ليس لي .... قبْرٌ

في المــَا-بعْدُ

(في الأُخْرى)

سوى هذي الحُروفِ الأربعهْ:

تونس

 

المستشفى العسكري

4- 4 – 2016

 

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 19:09
"Je suis une pute", Baran Milan. (Traduction: Samia Lamine.)
"Je suis une pute", Baran Milan. (Traduction: Samia Lamine.)
"Je suis une pute", Baran Milan. (Traduction: Samia Lamine.)
"Je suis une pute", Baran Milan. (Traduction: Samia Lamine.)

(Baran Milan est le pseudo d'anonymat de la poétesse Manijeh Mimorki.)

 

L’honneur de mon mari siège entre mes cuisses.

Et chaque jour, je sombre dans la débauche encore plus que la veille.

Chaque jour, en moi, quelque féminité meurt.

Chaque jour, une femme de ma progéniture est tuée avec le poignard de l’honneur.

Tuez- moi à la place de toutes les femmes du monde !

Tuez- moi !

J’ai fait l’amour avec tout ce qui existe dans ce monde.

 

Depuis des années, je fais l’amour avec les chagrins du pain.

Je fais l’amour avec l’exil,

Ton fusil, ta tranchée, ton errance,

Je fais l’amour avec tes blessures,

La crasse de tes vêtements

Et la cuisine.

Je fais l’amour avec le crayon

Et mon recueil de poésie...

Des rêves que j’écris

Loin de tes yeux.

Je fais l’amour avec toi que je n’aime pas.

Tu ne trouveras point de plus débauchée que moi !

Je fais l’amour avec les roses du désespoir, le parfum du jardin

Et la solitude, et le balai, et la cheminée, et la tasse de thé.

.

Donc, signe !

Rends- moi service… Signe ici !

Pardon !! Signe là !

 

Le 25 novembre

C’est le jour le plus comique de toutes les journées.

 

Signe, donc, au nom du Cheickh de la «Tarika »!

Signe au nom du prophète !!

 

La religion m’a lapidée

Et le sacré m’a emmagasinée dans son sac.

Et quand bien même, ils me tuent… Avant qu’il ne soit tard !

Il y a toujours un poignard qui vise mon cou et chaque jour, un marteau s’abat sur ma tête.

Et chaque jour, l’honneur me tue.

Et chaque jour, les moustiques me flagellent.

Ne suis- je pas la plus grande prostituée de nos jours ?

 

Il ne reste plus rien à ta dignité… tellement je suis réstée seule dans le lit

Et tellement j’ai étreint une obsession d’amour que je t’ai arrachée.

Et j’ai tellement enduré les fardeaux sur les frontières que mon étreinte n’est plus seulement pour toi.

Tu n’as plus d’honneur… même si tu me tuais tous les jours !

Et je suis toujours voilée et  je suis si enveloppée que je ne vois plus la beauté… pas même en rêve !

 

Moi, je deviens, chaque jour, encore plus débauchée.

Je suis la pute de chaque jour.

J’ai fait l’amour avec les peines du bébé et son biberon,

J’ai fait l'amour avec la crosse de ton fusil,

Notre avenir obscur,

Et notre exil.

J’ai fait l'amour avec le cartable vide de mon élève.

J’ai fait l'amour avec les douleurs, les blessures

Et les plaintes

J’ai fait l’amour avec le rêve de bonheur et de joie.

Alors, tue- moi !

Il n’y pas de point de plus débauchée que moi.

Tu ne trouveras point de plus débauchée que la kurde.

Regarde mes yeux éreintés !

Vois mon regard !

Et… tu découvriras seul combien ton faible honneur est faux !

 

Moi,  je suis lasse…

Je suis lasse de ton pseudo honneur…

Lasse …

Lasse…

Lasse…

Traduction de Samia LAMINE. ( 2015)

ابط النص الفارسي و العربي: شعر بران ميلان- "من فاحشه ام"-//"انا قحبة" ترجمه من الفارسية الى العربية محمد كشكولي// 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 21:39
اراك عصي الدمع- ابو فراس الحمداني- Je te vois sans larmes. (Abou Firas Al Hemdani)

Poème d'Abou Firas Al Hemdani- Traduit de l'arabe par Samia Lamine.

(Extrait chanté par Om Kathoum. voir la vidéo et texte original ci- dessous.)

 

 

Je te vois sans larmes ; La patience… ta qualité.

L’amour, n’aurait- il, sur toi, ni interdiction ni commandement?

Mais si! , j’ai tant de désirs et tant de tourments.

Mais, des hommes comme moi, on ne divulgue point le secret. 

 

Quand la nuit m’étreint, je cède aux bras de la passion

Et j’avilis mes larmes si fières.

Le feu est près d’illuminer mes côtes,

Tant elles sont attisées par la passion et les souvenirs.

 

Elle est prometteuse d’une union impossible avant la mort.

Qu’il ne pleuve plus, si je dois mourir de soif !!

J’étais fidèle. Mais, est humiliante est la fidélité

A une belle dans le quartier dont la qualité est la trahison!

 

Sage mais la fraicheur de sa jeunesse l’excite

Tellement que parfois, elle galope comme galoperait une jument

Elle me demande qui je suis pourtant elle me connait.

Mais est- ce celui qui est de mon rang est inconnu ?

Et je lui ai dit comme elle avait décidé et avaiit décidé, pour elle, l’amour :

« Je suis celui que tu as assassiné. » Elle répondit : « Lequel ? Ils sont nombreux. »

Elle a dit : « Le temps t’a malmené, après nous »

Alors, je lui ai dit : « Pas du tout, Nom de Dieu! Plutôt toi que le temps ! »

Et j’ai considéré mon sort et n’y ai point vu de salut.

Si la séparation me fait oublier, l’abandon m’accablera.

 

Je te vois sans larmes ; La patience... ta qualité.

L’amour, n’aurait- il ni interdiction, sur toi, ni commandement?

 

L'extrait en arabe:


أراك عصي الدمع شيمتـك الصبـر

 

راك عصى الدمع شيمتك الصبر

أما للهوى نهي عليك ولا أمر

نعم أنا مشتاق وعندى لوعة

ولكن مثلى لا يذاع له سر

 

إذا الليل أضواني بسطت يد الهوى

وأذللت دمعا من خلائقه الكبر

تكاد تضئ النار بين جوانحي

إذا هي أذكتها الصبابة والفكر

 

معللتي بالوصل والموت دونه

إذا مت ظمآنا فلا نزل القطر

وفيتُ وفى بعض الوفاء مذلة

لفاتنة فى الحى شيمتها الغدر

تسائلنى من أنت وهى عليمة

وهل لمن مثلي على حاله نكر

فقلت كما شاءت وشاء لها الهوى

قتيلك قالت أيهم فهم كُثرُ

وقلّبتُ أمرى لا أرى لي راحة

إذا البين أنساني ألح بي الهجر

وقالت لقد أذرى بك الدهر بعدنا

فقلت معاذ الله بل أنت لا الدهر

 

أراك عصى الدمع شيمتك الصبر

أما للهوى نهى عليك ولا أمر

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 20:57

chabbi-copie-1.jpg                                                                                         http://www.tunisienumerique.com/wp-content/uploads/revolution+tunisienne.jpg

«- Quand, un jour, le peuple veut vivre
Forcément, le destin lui obéit
Et forcément, la nuit se dissipe
Et forcément, les chaines se brisent…


Et… celui qui n’est pas attaché à la vie
S’évapore dans l’atmosphère et y sera englouti ;
Malheur, donc, à celui que la vie n’exalte pas :
Au coup du victorieux néant, il n’échappera pas.»
Ainsi, me dirent les êtres
Et me parla leur âme cachée.


Et le vent maugréa entre les vallons,
Sous les arbres et sur les monts:
« -Quand je tends vers un but
J’enfourche l’espérance et oublie toute prudence.
Et je n’évite ni les montées scabreuses
Ni les boules de flammes embrasées…
Celui qui n’aime pas grimper les montagnes
Vivra éternellement entre les fossés ».


Alors, le sang de la jeunesse tourbillonna dans mon cœur
Et dans ma poitrine, des vents nouveaux hurlèrent
Et je me mis à écouter le grondement du tonnerre
Et la mélodie des vents et le bruit de la pluie
Et la terre me dit, quand je lui avais demandé :
« -Oh, mère ! Est-ce que tu hais l’humanité ? »
« -Je bénis, parmi les hommes, les ambitieux
Et ceux qui aiment affronter les dangers
Et je maudis ceux qui ne se conforment pas au temps
Et se suffisent de vivre la vie… la vie des pierres.
Ainsi est l’univers .Vivant. Il aime la vie
Et méprise le mort quel que soit son rang…
Ni l’horizon n’accueille les oiseaux morts
Ni les abeilles ne lèchent les fleurs fanées.
Et sans la tendresse maternelle de mon cœur,
Les tombes n’accueilleraient  jamais les morts.
Malheur, donc, à celui que la vie n’exalte pas,
Au coup du victorieux néant, il n’échappera pas».


Et un soir d’automne,
La nuit était épuisée par le chagrin et l’ennui,
J’étais enivré tant les étoiles brillaient
Et j’ai chanté à la tristesse tant qu’elle s’est  enivrée
Et j’ai demandé à l’obscurité :
« -Est-ce que tu peux ressusciter
Ce qui est par le printemps fané? »


Mais les lèvres de la nuit ne répondirent pas
Et les nymphes de l’aube ne chantèrent pas.
Et les bois me dirent avec une douceur
Aussi admirable que les vibrations des cordes :
« -L’hiver arrive, l’hiver embrumé,
L’hiver de la neige… l’hiver de la pluie.
Alors, s’éteint la magie… la magie des branches,
La magie des fleurs, la magie des fruits
Et la magie de la belle et douce nuit
Et la magie des prairies exquises et embaumées.
Et tombent les branches et leurs feuilles
Et les fleurs d’un temps tendre et aimé.
Et le vent les emporte dans tous les fleuves
Et le courant les enterre où qu’il passe.
Et tout s’éclipse comme un beau rêve
Qui illumine un cœur et puis, disparait.
Et …persiste la semence, qui porte
Les réserves d’un bel âge évanoui
Et le souvenir des saisons et le songe d’une vie
Et les troupes dispersées des fantômes d’une vie…
Enlaçant, sous la brume,
Sous la neige et sous la pluie,
La douceur d’une vie qui jamais n’ennuie
Et le cœur du printemps doux et parfumé…
Et rêvant des chants des oiseaux
Et de la fragrance des fleurs et du goût des fruits.


Et …le temps passe… et… des douleurs naissent
Et des douleurs périssent et puis d’autres renaissent.
Et ses rêves deviennent une réalité
Parée du mystère de l’aube.
Et elle demande : -Où est la brume du matin ?
Et la magie de la nuit ? Et le clair de la lune ?
Et l’essaim des élégants papillons ?
Et les abeilles qui chantent ? Et les nuages qui passent?
Et où sont les rayons et les êtres ?
Et où est la vie que j’attends?
Que j’ai soif de la lumière au-dessus des branches !
Que j’ai soif de l’ombre sous les arbres !
Que j’ai soif de la fontaine, entre les prairies,
Dansant et chantant entre les fleurs !
Que j’ai soif des chants des oiseaux,
Des murmures de la brise et de la mélodie de la pluie !
Que j’ai soif de l’univers ! Mais où est l’existence ?
Mais quand verrai-je le monde auquel j’aspire ?
Tel est l’univers… il est derrière la torpeur de l’inertie
Et à l’horizon du grand réveil. »


Et il ne fallut que le temps d’un battement d’ailes
Pour que son désir  grandît et triomphât.
Alors, la terre se fendit
Et révéla l’univers en sa plus belle image :
Et vint le printemps avec ses mélodies
Et ses rêves et sa jeunesse embaumée.
Il posa sur ses lèvres des baisers
Qui ravivent la jeunesse perdue
Et lui dit : « - On t’a donné la vie
Et tu es éternisée grâce à ta progéniture épargnée.
Et la lumière t’a bénite… Accueille donc
La jeunesse de la vie et la fertilité de l’âge.
Celui dont les rêves adorent la lumière,
Est bénit où qu’il paraisse.
A toi l’espace et à toi l’univers et la lumière
A toi la terre rêveuse et prospère !
A toi la beauté qui éternise !
A toi l’existence fraîche et immense !
Gambade à travers les champs
Avec les doux fruits et les plus belles fleurs.
Et confie-toi à la brise et confie-toi aux nuages !
Et confie-toi aux étoiles et confie-toi à la lune
Et confie-toi à la vie et à ses passions
Et à la beauté de cette superbe existence ! »

 

 La nuit laissa transparaître une beauté profonde
Qui rafraîchit l’imagination et ranime l’esprit…
Et l’univers baigna dans une étrange magie
Que gère un grand magicien.
Et… s’allumèrent les bougies des éclatantes étoiles
Et s’évapora l’encens… l’encens des fleurs.
Et une âme d’une étrange beauté
Ayant des ailes de clair de lune se mit à frémir.
Et … retentit l’hymne sacré de la vie
Dans un temple rêveur et envoûtant.
Et il annonça dans l’univers que l’ambition
Est la flamme de la vie et de la fortune
Et que si les cœurs aspirent à la vie
Forcément, le destin leur obéit.


 Abou Kacem Chebbi « Les Chants de La Vie » 1934.


Poème traduit par Samia Lamine publié p108, dans mon recueil "Dabka jusqu'à l'aube" (2013).

 
Lire la suite sur:http://poesis.fr/content/la-volont%C3%A9-de-vivre-abou-kacem-chebbi-traduction-de-samia-lamine-0© poesis.fr

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 19:58

 

 

Poème de Jabraan chanté par Fairouz et traduit par Samia Lamine ( Vidéo sous-titrée)http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f7/Fairuz_in_btd_concert_2001.jpg/220px-Fairuz_in_btd_concert_2001.jpg

رحلة عبر جمال الوجود و الروح مع أجمل ماغنّت فيروز...
Un voyage à travers la beauté de l'existence et de l'âme avec une des plus belles chansons de Fairouz.

 

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  • Le blog de SAMIA LAMINE
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