Mon blog est un miroir... Le reflet de toi, lui, moi… Vous y trouverez mes articles en réaction aux événements de l’actualité… Ma poésie… Des poèmes et chansons traduits de l’arabe… Mes chansons et poèmes célèbres préférés… De l’humour pour rire… mais aussi pour réfléchir... (TOUTE utilisation des articles ou vidéos Youtube de SAMIA LAMINE à des fins commerciales est strictement interdite. ME CONTACTER pour toute AUTORISATION.)
Le nouveau gouvernement tunisien : une matraque en velours.
Le terme révolution désigne une évolution des opinions, des courants de pensée, des sciences; découvertes, inventions entraînant un bouleversement, une transformation profonde de l'ordre social, moral, économique, dans un temps relativement court.
Ceci dit, et étant donné que le nouveau gouvernement comprend une grande majorité de noms appartenant au parti au pouvoir du temps de Ben Ali RCD (nouveau ou reconduit), on peut en déduire que si Ghannouchi qui, aujourd’hui seulement a téléphoné à Ben Ali en Arabie Saoudite pour le tenir au courant des nouveautés ( ?), a réussi le coup de retournement de la situation à l’avantage de l’oligarchie qui entourait Ben ALI durant l’exercice de son pouvoir. Tel que composé ; ce gouvernement n’apportera rien de nouveau au pays. Peut-être un nouveau souffle mais pas un grand changement ni de transformation profonde.
Si tous les sacrifices faits si tout le sang qui a coulé donne 3 porte-feuilles, c’est que le RCD va réussir son mouvement de contre révolution. Et ce mouvement n’est pas seulement intérieur mais aussi, extérieur. Ainsi,le colonel Gaddafi a adressé un discours à l'intention des tunisiens leur reprochant ce qu'ils avaient fait à son ami et regrettant qu'ils ne l'aient pas supporter jusqu'à la fin de ses jours!!! Et n'oublions certains pays occidentaux et autres dont Ben Ali est un grand ami chargé de combattre le présumé terrorisme d'Al Qaida. Ces forces étrangères ou arabes ont tout intérêt à faire avorter cette révolution et excercent, donc, des pressions ou tout simplement essayent de jouer des cartes avec leurs amis de l'opposition ou du RCD.
Et l’essentiel à retenir dans tout cela, c’est que les tunisiens doivent tout faire pour réussir à récolter les fruits de leurs sacrifices car en fait, le mouvement révolutionnaire n’avait pas pour objectif la seule chute de Ben Ali mais aussi de tout le système qu’il avait engendré et les visages qui l’avaient servi de près ou de loin; Tout le RCD était impliqué dans la dictature. Et le moins qu’on puisse reprocher à ses partisans, c’est d’avoir soit abusé de leur pouvoir soit tiré profit de leur appartenance soit servi de simple pion. De plus, si la majorité des adhérents au parti de Ben Ali déclarent avoir été forcé à adhérer, ce sont surement ses agents qui ont exercé ce pouvoir d’intimidation. Par conséquent, tous les destouriens (RCD) sont impliqués dans la corruption politique du bas de l’échelle à au plus haut.Donc, l’argument des mains propres sans sang n’est point convaincant. Aussi, jouer sur le sentiment patriotique des tunisiens en leur rappelant que l’intérêt de la patrie prime dans la situation actuelle n’est que prétexte pour sauver la face du RCD qui fait tout pour s'implanter.
Le peuple tunisien a souffert pendant deux décennies. Il a souffert en donnant 75 martyrs et près de 100 blessés en un mois par la faute des tireurs de l’intérieur que le ministre dans le nouveau gouvernement, monsieur Fria a innocenté hier dans son élocution adressée aux tunisiens. Il serait dommage que soit donnée l’occasion à l’autre parti d’anéantir la révolution, d’en profiter et de rejaillir avec la matraque en velours.
La lutte doit continuer, donc, jusqu’à la dissolution de ce parti. Depuis hier, 17 janvier, des forces populaires et beaucoup d’intellectuels manifestent déjà et agissent dans ce sens. La première étape est gagnée mais la marche est encore longue. Oui, "Ben Ali... c'est fini" mais pour une "Tunisie libre libre... RCD doit dégager". Tels étaient les slogans décriés par les jeunes.
Quand la matraque disparaitra, on aura à nous couvrir de velours. Mais pour le moment, il reste encore à faire.
SAMIA LAMINE. (18 janvier 2010)