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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:57
 



CHANSON D'AUTOMNE.

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.


Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure;


Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà
Pareil à la
Feuille morte.

 

Paul Verlaine (1844-1896)
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 20:41



Les mains d'Elsa.

 

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé


Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi


Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli


Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots


Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu


Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.


Louis Aagon.
Extrait du "Fou d'Elsa", 1964. 


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 15:40


LE DORMEUR DU VAL.

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.


Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.


Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

 


Arthur Rimbaud.




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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 18:39





LILY

Paroles et musique: Pierre Perret



.

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris

Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo

Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur

Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents

Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir

Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur

Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.

.

 

 

 

.

 

 

 

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 14:47





Ce poème engagée est inspirée par les évènements de 1941: attentats contre l'occupant allemand, exécutions... est un hommage à la résistance française. IL a eu beaucoup de succés  pour avoir chanté la nécessité de voir La France unie.


Louis Aragon
LA ROSE ET LE RÉSÉDA


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:05




QUE SERAIS-JE SANS TOI

(Poème d'Aragon)

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre 
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant 
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre 
Que serais-je sans toi que ce balbutiement  

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
 
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson  
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne 
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu 

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines 
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon 
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines 
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines 

 

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne 
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne 
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux 
Tu m'as pris par la main comme un homme heureux 

 

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre 
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant 
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre 
Que serais-je sans toi que ce balbutiement  


 
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 22:29

                                                                                                                                                                                 










Charles Aznavour
IL FAUT SAVOIR


Il faut savoir encore sourire
Quand le meilleur s'est retiré,
Et qu'il ne reste que le pire
Dans une vie bête à pleurer.

Il faut savoir, coûte que coûte,
Garder toute sa dignité
Et malgré ce qu'il nous en coûte;
S'en aller sans se retourner.

Face aux destins qui nous desarment
Et devant le bonheur perdu,
Il faut savoir cacher ses larmes,
Mais moi, mon coeur, je n'ai pas su!

Il faut savoir quitter la table
Lorsque l'amour est desservi
Sans s'accrocher l'air pitoyable
Et partir sans faire de bruit.

Il faut savoir cacher sa peine
Sous le masque de tous les jours,
Et retenir les cris de haine
Qui sont les derniers mots d'amour.

Il faut savoir rester de glace
Et taire un coeur qui meurt déjà,
Il faut savoir garder la face,
Mais moi, je t'aime trop,
Mais moi, je ne peux pas!
Il faut savoir, mais moi, je ne sais pas!








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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 12:38
                   
  



Jacques Brel
NE ME QUITTE PAS
1959


Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le coeur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs coeurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D'un ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas


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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 12:31






Charles Aznavour
IL FAUT SAVOIR


Il faut savoir encore sourire
Quand le meilleur s'est retiré,
Et qu'il ne reste que le pire
Dans une vie bête à pleurer.

Il faut savoir, coûte que coûte,
Garder toute sa dignité
Et malgré ce qu'il nous en coûte;
S'en aller sans se retourner.

Face aux destins qui nous desarment
Et devant le bonheur perdu,
Il faut savoir cacher ses larmes,
Mais moi, mon coeur, je n'ai pas su!

Il faut savoir quitter la table
Lorsque l'amour est desservi
Sans s'accrocher l'air pitoyable
Et partir sans faire de bruit.

Il faut savoir cacher sa peine
Sous le masque de tous les jours,
Et retenir les cris de haine
Qui sont les derniers mots d'amour.

Il faut savoir rester de glace
Et taire un coeur qui meurt déjà,
Il faut savoir garder la face,
Mais moi, je t'aime trop,
Mais moi, je ne peux pas!
Il faut savoir, mais moi, je ne sais pas!

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 21:01



JE VOYAGE. ( CHARLES ET KATIA AZNAVOUR.)

[Katia]
Dis, que fais-tu là, mon soleil, sur ce banc,
le regard perdu sous tes cheveux d'argent

[Charles]
Je regarde fuir mes ultimes printemps
emportés par mille chevaux blancs

Je voyage, je voyage, vers les lieux bénis de ma vie
de voyage en voyage, à travers erreurs et acquis
sans bagage, par images, par le rêve et par la pensée
de voyage en voyage, sur les vagues de mon passé

[Katia]
Ce voyage dans les limites de vos regrets, de vos remords,
est-ce un refuge, est-ce une fuite, ou bien une aventure encore ?

[Charles]
Sur l'eau calme de mon âge, où l'orage ne tonne plus
de virage en virage, vers mes plages de temps perdu
je voyage

Et toi jeune fille, aux sources de ta vie
fugueuse à seize ans, que fais-tu par ici ?

[Katia]
Je vais au devant du comprendre et savoir,
voir la vie de l'envers des miroirs

Je voyage, je voyage et je cours pour aller de l'avant
de voyage en voyage, sac au dos, cheveux dans le vent,
parfois folle, parfois sage, refusant les idées reçues
de voyage en voyage, dans l'espoir de trouver un but

[Charles]
Tu es l'enfant d'entre deux guerres, d'un monde cru,
au désarroi d'hommes et de femmes de misère,
sous le joug du chacun pour soi

[Katia]
De rivage en rivage, pour des grèves à découvrir,
de mirage en mirage, vers les rives de l'avenir

[Charles et Katia]
Je voyage, je voyage, un peu plus de jours et de nuits
de voyage en voyage, à travers rêve et insomnie
par temps clair, ou d'orage, d'un pied léger ou d'un pas lourd
de mirage en mirage, par la mémoire et par amour
je voyage.
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