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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 18:04



  LA CRAVATE.
        
        
        Il se réveille. Le réveil et la pendule le regardent. Il lève la tête engourdie par le sommeil profond de la veille : mort dont il ne se souvient plus.
        
        Dans la salle de bain, le miroir l’appelle. Il s’y voit mais ne se reconnaît pas. Il prend le rasoir tond le masque barbu qu’il n’a pas vu depuis des jours et des nuits. Il se regarde un instant sans se voir.
        Il entend ses pas lourds et pesants qui le ramènent vers la chambre à coucher. Il est devant la glace de la coiffeuse couverte de poussière. Il la regarde. Mais, il ne se voit pas. Il se tourne vers la penderie dont les portes sont ouvertes depuis des jours et des nuits. Le beau costume gris en soie, la tendre chemise et la cravate encore parfumée sont encore là. La belle cravate de la destinée encore embaumée! La cravate qu’il a achetée le mois dernier pour compléter la tenue portée lors de son dernier rendez-vous avec elle. Il hume, comme une odeur divine, la belle senteur qui l’atteint malgré l’humidité de la pièce et la puanteur du tabac !
        
        Ring… Ring…C’est le portable. Il n’a pas sonné depuis des jours ! Ring… Ring… Puis, plus rien. Ce n’est pas important ; Le numéro lui est étranger. Une idée lui vient de la rejoindre. Ring… Ring… Ring… Rien… Aucune réponse…
        
        Se sentant comme étranglé par une boule à la gorge, il accourt à la fenêtre fermée depuis plusieurs jours. Il soulève les stores abaissés en faisant tourner hâtivement la manivelle. Il sort la tête hâtivement et boit l’air comme un assoiffé : Ouh !Ouh !
        Le ciel est turquoise. Il doit être midi. Mais lui, ne le sait pas. Mais lui, ne le voit pas. Traumatisé par la lumière, il remet la pièce au noir. Il lève les yeux vers le plafond ; vides, ils restent fixés sur le lustre en cristal éteint…
        Ensuite, il se traîne vers la vielle penderie, retire la cravate, la met autour du cou, prend une chaise en bois massif hérité de ses parents au siècle dernier.

 Ring… Ring… Cette fois, c’est à la porte qu’on sonne. Il ne veut rien entendre. Il s’est déjà décidé. Mais, l’acharnement du visiteur à ne pas lâcher le bouton de la sonnette excite sa colère et l’arrache de la torpeur et de la léthargie dans lesquels il a sombré depuis des jours et des nuits. Il ouvre la porte. Gelé, engourdi, paralysé ; Il voit que c’est elle.
        
        Elle le prend par la jolie cravate pas encore nouée, l’attire à elle et pose un tendre bisou sur les lèvres bleues de celui qui fortuitement n’est pas un cadavre. Elle caresse ses joues blêmes avec cette soie. Il regarde ses grands yeux brillants. Il les fixe. Et… il se voit dans le miroir de leurs étincelles…
        
        Quelques heures après, il ouvre les yeux. Il regarde le réveil puis la pendule qu’il a achetée à la brocante il y a vingt ans.
        Il est minuit.   

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samia lamine - dans Récit
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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 15:20

LES MOTS. 



Des bijoux sonores
Exhortation d’amour
Souffle des soupirs
Chuchotement d’espoir
Clameur de douleurs
Rugissement de révolte
Cri du silence.

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 20:52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                          

 

LE QUATRIEME POUVOIR.

La voix utile pour former et informer
Se charge de dépraver la réalité.
Quand son vilain jeu manigance les infos,
Le blanc vire au vert et le plus souvent au noir,
Midi retrouve minuit auréolé de gloire,
Le crapaud laid devient, tout simplement, très beau.

Malade le quatrième devient si blême
Qu’il se choie et se gâte d’affaires sensas :
Extrême make-over , tartelettes à la crème,
Scandales et amours de starlettes en émoi,
Divorces, mariages, story de dopage;
Ah ! Les infos, la belle culture en cet âge !

Mais, les quatrièmes ne sont pas tous des cons.
Certains tuent leur voix pour le bonbon d’un tonton
Géant armé d’un scalpel et d’un bistouri.
Mais, d’autres se tuent sur les pistes de l’oubli ;
Un destin noir les mène en tombe ou en prison :
Ceux là ont juré de ne pas être soumis.
Ceux là ont juré de dire la vérité.
Ceux là ont juré de servir l’humanité.
Ce sont les quatrièmes de la liberté.

 

        

 

© 2008 Samia Lamine

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 20:25

                                                                                                                                         

                                              

 

 

 

 

                                                      

                                                       

 LE TESTAMENT.

 

 

 

 



Un jour d’hiver glacé mais bien ensoleillé,
Dans mon jardin, j’ai planté un petit rosier.
Avec la plus pure des eaux, je l’ai arrosé.
Un jour où les hirondelles sont arrivées,
J’ai vu les belles tiges vertes bourgeonner.
Et Quand le mois d’amour sacré s’est annoncé,
J’ai cueilli ma rose gaie. Dans un bénitier
En cristal, je l’ai conservée puis l’ai baisée.

Chaque matin, ma rose me sourit.
Alors, « -Bonjour », je lui dis.
Et chaque soir, à minuit, j’ouis
Les gémissements de ma chérie,
Ma consolatrice et ma mie.
Qui à peine éclose que sa vie finit.

Une nuit, tandis que je rêvais,
Au clair de la lune argentée,
J’entendis sa voix affaiblie qui testait ;
Et écoeurée, je m’approchai de son chevet :
«- Ne pleure pas ma chérie !
Ton cœur scintillant et cristallin
Comme celui, limpide, où je gis
Me ressuscitera à la vie.
Mon doux et mon tendre parfum
Te tiendront compagnie
Quand mon pourpre sanguin
Aura péri dans l’oubli ! »

C’est alors que des larmes de pétales
Se déversèrent sur mes joues pales ;
Je m’agenouillai pour la prier
En vain, puisque tel est son destin,
De ne pas me laisser
Et de ne pas m’abandonner !
Mais…telle est, de toute chose, la fin.

Accablée, éreintée et exténuée,
Je pliai sa robe rouge fanée mais parfumée.
Et après l’avoir bien serrée,
Dans un couvoir secret et déshydraté,
Je l’ai placée pour la faire sécher.
Quand les mois d’été sont passés
Elle m’est revenue toute embaumée
Et métamorphosée en bel encens sacré.

Et depuis, chaque matin, je dis :
«- Bonjour » à mon ami,
Mon baume chéri, quand il me sourit.
Et chaque matin, ma jolie rose réincarnée,

Fragrance de La Vie et exhalaison de l’esprit,
Imprègne mon gîte glacé hiver comme été.
Et chaque soir, je chante cette mélodie
Que ma rose ma mie m’a léguée :
« Ne pleure ma chérie !
Mon doux et mon tendre parfum
Te tiendront compagnie
Quand mon pourpre sanguin
Aura péri dans l’oubli ! ».

 

 

 

  © 2008 Samia Lamine

 

 

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 14:46
                                                                        

 

                                   SOUS LE CIEL GRIS.



Sous le ciel gris, je traîne ma peine ;
Et la pluie fine chante ma veine.
Sous le ciel gris, en voyant la pente,
Mes pleurs pleuvent et les tourments me hantent.

Sous le ciel gris, mon âme s’écoeure ;
Et le vent doux gémit dans mon cœur.
Sous le ciel gris, oyant un triste enfant,
Mon teint blêmit et mon corps se fend.

Sous le ciel gris, je sonde l’éclaircie;
Pour qu’un rayon éclaire la vie !
Sous le ciel gris, je prie l’espérance,
Pour que le monde enterre ses transes!

Sous le ciel gris !

 

© 2008 Samia Lamine

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 14:37

 

 http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQP3cuVZwaqp2FjUKnfp2dc3SJMprOMGO54lDz6F9jvfc1bVwQf      

 

               Quand le poignard s’enfonce dans la gorge pour l’égorger

         Quand l’étau serre les poumons pour les étrangler

     Quand le marteau martèle la tête pour la briser

  Quand la hache s’acharne sur le corps pour le trancher

  Quand les esses opprimées errent dans les poussières polluées

      Quand le son saignant et asphyxié étouffe dans le gosier

              La voix essoufflée du silence résonne

                                                                            et... tout se tait.

 

 

 

© 2008 Samia Lamine

 

 

(P35 extrait de "Dabka jusqu'à l'aube" publié en 2013.)

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:58

            

 

 

 

                                                                                              

                   La marche de la science contre le Mal.

 




 

Qu’on arrête
Ce vil rôdeur,
Ce criminel sans cœur !
Il guette, rode et trotte.
Le Cruel exterminateur
Menace les corps, le cerveau,
Les seins, la peau,
Les poumons, les os
Et vise leur noyau.
Mais, arrêtons
Ce vil rôdeur,
Ce criminel sans cœur !

Quand il attaque, il sort ses crocs.
Quand il s’arme de la Faux,
Le soleil cède à la nuit,
La lune s’éteint et plus rien ne luit,
Un gouffre engloutit l’océan
Et la vie devient un néant.

Oh ! Tueur menaçant,
Laisse les hommes vivre !
Laisse leur bateau ivre !
Laisse-les jouir et vivre !
Laisse les vivre leur printemps
Pitié des enfants et des parents !

                                                                                 

Oh ! Rongeur menaçant !
Attends un peu, attends !
Il est vrai et ce n’est pas faux,
Q’avides de terres,
Les hommes dansent au bal des guerres,
Mené par Satan.
Il est vrai, et ce n’est pas faux
Que le champ est libre à ta chasse et tes créneaux.
Mais à beau jeu, beau retour… !

Savants et chercheurs
Insistent et persistent; Ils ne lâchent pas la bride,
Guettent ta trace.
Un jour, ils arrêteront, tes menaces
Comme Pasteur, a barré la route, à la rage
Comme Flemming a prolongé notre âge.

Savants et chercheurs,
Un jour, ôteront ta tumeur,
Nous libéreront de ta chimio,
Ils creuseront ton tombeau.
Un jour, ils libèreront l’humanité,
Et délivreront sa Santé.

Oh ! Toi, le menaçant rôdeur !
Attends un peu, attends !
Oh ! Toi le menaçant tueur !!
Attends un peu, attends !
Oh ! Toi le vil rongeur !
Attends un peu, attends !
Les chercheurs et les savants
Sont là !
Attends, un peu attends !

 

© 2008 Samia Lamine

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:42

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   
JUSQU’A QUAND... ?

 

Gazaouis, vos cris stridents déchirent les cieux ;

Alertes étouffées dans le gouffre du ghetto

Zébré de barrages, de murs. Sans vivres et sans eau.             

Ah ! Vous, résistants patients : enfants, femmes et vieux

Offusqués, offensés par l’infâme embargo,

Un jour, avant de mourir, verrai-je vos haros,

Inouïs, se déployer par dessus tous les toits?

Serai-je vivante, oh ! Frères ! Serai-je là ?

 

 

 

© 2008 Samia Lamine


                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 21:13





                        AH! LA FETE PERLEE!



Ah!
Douces et tendres perles.
Une coule sur mon cil,
L’autre … sur mon sourcil…

Après les plages et les bronzages,
Les promenades sur les beaux rivages,
Les soirées estivales et leur charme,
Ah !
Les premières larmes.

Ah !
Une goutte sur mon doigt,
Une autre… sous mes pas…

Siroco, canicule tout l’été,
Le Soleil brûlant a tout enflammé,
La terre s’est embrasée,
La terre est assoiffée
Comme un p’tit bébé délaissé.

Ah !
Encore une goutte
Et puis…
Tant d’autres encore… Et encore…

Les pieds embourbés.
Cheveux et joues mouillés.
Les vêtements au corps collés.
Ah !
La fête perlée !
La joie et la beauté !

L’enfant et la mère cajolés,
L’enfant et la mère enivrés,
L’enfant et la mère nourris.
Ah ! Les tièdes ondées de pluie !



© 2008 Samia Lamine

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 20:24

                                                          
                                                         MES QUATRE SAISONS.



                                                         


Automne.

Y a plus de cigales qui chantonnent.
Les nuages dans le ciel moutonnent.
Un chat gris pelotonne, ronronne.
Ici, les feux crépitent et bourdonnent,
Là, on violone « Les Feuilles d’Automne »,
Dehors, un oiseau gémit, fredonne,
Et, moi, mon cœur pleure, monotone.


Hiver.

La ville meurt sous le couvercle, si obscure.
Les arbres geignent sous le givre et ses tortures.
Les éclairs déciment la cime et la déchirent.
Ici, les murs muets endurent un mal si dur,
Là, le vide dessine une vie qui expire,
Dehors, les cloches funèbres sonnent le glas,
Et mon corps, ce cadavre, gît sous son amas.



PRINTEMPS.

Le zénith azuré embrasse la ville.
L’astre du jour caresse mon jardinet.
Le baume matinal émerveille avril.
Ici, un Boticelli printanier,
Là, la voix de Farid me chante « Arrabi »,
Dehors, les hirondelles font leurs nids,
Et mon cœur, charmé, danse dans ce ballet.


ETE.

Les rivages exhalent une marine iodée.
Le beau soleil fait les teints basanés.
Le crépuscule est un paradis rêvé.
Ici, le zéphyr effleure ma chair,
Là, un bouquet de roses exalte mon cœur,
Dehors, le jasmin répand sa senteur,
Et mon âme, sans ailes, frise l’éther.




© 2008 Samia Lamine

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