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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 23:02


LA PALESTINE: Histoire  d'une peau de chagrin.(I)


               

 

 Je propose ce texte à visée informative (1ère partie) mais qui entend  soulever des questions de fonds sur le problème au moyen orient : La Palestine.

 

 Le texte ci-dessous ne prétend pas être une recherche historique, mais juste une lecture le l'histoire qui tend, grâce aux documents consultés, à  éclaircir dans ses grandes lignes la question d’une manière simple et succincte.

 

     1) La naissance du sionisme: 
 

Afin de comprendre la cause palestinienne, il faudrait savoir que le projet de la création de l’état hébreu appelé Israël remonte à avant le holocauste nazi. En effet, l’idée de ce projet remonte à l’époque biblique et a varié avec le temps. Elle a été largement mise de côté par les autorités religieuses à compter du IIe siècle JC, avant d'être réintroduite par des laïques et quelques religieux sous la forme du sionisme au XIXe.

Le sionisme est une idéologie politique fondée par Herzl en1897 mais inspirée des textes bibliques qui prônent un état juif pour les juifs en Palestine suite à la montée de l’antisémitisme et de la persécution des juifs en France lors des évènements de l’Affaire Dreyfus.

Quatre hypothèses fondent le sionisme :

-         l’existence d’un peuple juif ;

-         l’impossibilité de son assimilation par les sociétés où il vit ; (ce qui est contestable).

-        son droit sur la terre promise ;

-       l’inexistence sur cette terre d’un autre peuple qui aurait aussi des droits.

 

C’est à partir de 1881 que les premiers sionistes (la première aliya laique et motivée par la politique et par la création d’un état pour les juifs.) ont commencé à émigrer en Palestine. A ce moment, il n’y avait en Palestine que 25000 juifs de la aliaya religieuse qui étaient venues juste pour chercher de meilleures conditions que dans leur pays d’origine. L’immigration de la aliya religieuse remonte à des siècles.

Les aliyoth sionistes ont fortement développé la population: il y a en 2005 presque 5.300.000 Juifs en Israël.

 

Ceci dit, il semble clair que la création d’un état juif (fondé sur le critère religieux comme nul part ailleurs), comme il a été déclaré  par Bush en 2007, n’est pas un simple hasard mais une ruse visant à vider la Palestine des arabes musulmans et chrétiens vivants dans les territoires occupés en 48 ; ce qui implique leur expatriation! Et ainsi , Israel serait un pays d'où serait exclues toute autre communauté religieuse.

La ruse  de la politique sioniste et le parti pris occidental aux aguets depuis un  siècle se poursuivent , jusquà nos jours, et nous verrons dans le prochain article qu'ils ont pu mener aux négociations qui ont été conclues par la déclaration de Balfour  en 1917 et à la création de l’état sioniste nommé « Israel » en 1947.
                                                                                                                    
Samia Lamine.



  ( A suivre)

  LA PALESTINE: Histoire d'une peau de chagrin. (II)


  
                                                   

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 22:52






Voici une lettre de Sigmund Freud, l’une des grandes personnalités historiques qui dans le passé comme d’autres dans le présent ont résisté au sionisme.
Cette lettre, longtemps tenue secrète,  semble avoir été écrite par son auteur suite à une demande d’associer le père de la psychanalyse au combat pour la création et la défense de la création de l’état sioniste en Palestine.

Voici l’article paru dans le Nouvel Observateur auquel j’ai fait subir quelques transformations au niveau de la présentation typographique uniquement.

 

 

                                                                                                                

"Mes réticences sur le sionisme
Exclusif. (Le nouvel Observateur.)

 

La lettre originale du fondateur de la psychanalyse sur le futur Etat d'Israël était restée cachée depuis 1930. La voici dans son intégralité.

 La lettre de Sigmund Freud que nous publions, datée du 26 février 1930 et adressée à Chaim Koffler, membre de la Fondation pour la Réinstallation des Juifs en Palestine (Keren Hayesod), est traduite pour la première fois de l’allemand dans son intégralité par Jacques Le Rider. Elle est publiée par la revue «Cliniques méditerranéennes» (n° 70, Erès, 2004)




"Vienne, 19 Berggasse,


26 février 1930


Monsieur le Docteur,

 
Je ne peux pas faire ce que vous souhaitez.

 

Ma réticence à intéresser le public à ma personnalité est insurmontable et les circonstances critiques actuelles ne me semblent pas du tout y inciter. Qui veut influencer le grand nombre doit avoir quelque chose de retentissant et d’enthousiaste à lui dire, et cela, mon jugement réservé sur le sionisme ne le permet pas.

 

 J’ai assurément les meilleurs sentiments de sympathie pour des efforts librement consentis, je suis fier de notre université de Jérusalem et je me réjouis de la prospérité des établissements de nos colons.

 

 Mais, d’un autre côté, je ne crois pas que la Palestine puisse jamais devenir un Etat juif ni que le monde chrétien comme le monde islamique puissent un jour être prêts à confier leurs lieux saints à la garde des juifs.

 Il m’aurait semblé plus avisé de fonder une patrie juive sur un sol historiquement non chargé; certes, je sais que, pour un dessein aussi rationnel, jamais on n’aurait pu susciter l’exaltation des masses ni la coopération des riches.

 

Je concède aussi, avec regret, que le fanatisme peu réaliste de nos compatriotes porte sa part de responsabilité dans l’éveil de la méfiance des Arabes. Je ne peux éprouver la moindre sympathie pour une piété mal interprétée qui fait d’un morceau de mur Hérode une relique nationale qui défie les sentiments des habitants du pays.


Jugez vous-même si, avec un point de vue aussi critique, je suis la personne qu’ il faut pour jouer le rôle de consolateur d’un peuple ébranlé par un espoir injustifié."

 

 Freud .

 

 

Références :

 

Henri Tincq : article paru dans le monde le 5juillet 2003)

Le nouvel observateur : http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 20:32

NUIT ESTIVALE.


 

Dans la nuit, le rivage murmure son chant
Et chantonne aux pieds nus des promeneurs charmants.

Le ballet des belles nues, légères, gonflées,
Et transparentes, danse, en toute liberté.

L’oeil opale de la voûte sombre mais irisée
Reluit dans la pénombre de l’onde bercée.

Alors, le cygne blanc de mon cœur bat ses ailes
Et s’envole, tout grisé, très haut dans le ciel !

 

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 14:07



            LA PALESTINE: HISTOIRE D'UNE PEAU DE CHAGRIN.

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 14:31

                     LA BLESSURE LACTEE DU SEIN CEINT.

 

 

 

Le lait de mon sein ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours dans mes vallées

Pour les enfants ceints, affamés et décharnés

par le siège de l’inhumanité.

 

Le lait de mon sein ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours dans mes vallées

Pour les oliviers, les palmiers déracinés et arrachés

par les bulldozers déchaînés.

 

Le lait de mon sein ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours dans mes vallées

Pour les maisons bombardées et ravagées

Par les rapaces affolés.

 

Le lait de mon sein ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours dans mes vallées

Pour que soit purifié

La boue asphyxiée et terrorisée

par les bombes phosphorées.

 

Le lait de mon sein ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours dans mes vallées

Pour les cadavres dépecés, écrasés ou brûlés

Afin  que repoussent la menthe, le lys et le rouge églantier

Afin que notre terre retrouve le parfum de l’unité.

 

Le lait de mon sein  ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours pour vous donner la paix

Tel le sein divin accueillant les Saints purifiés

Le lait de mon sein ensanglanté

Coulera toujours dans mes vallées.

 

Mon lait blanc

Oh mes enfants

Coulera toujours dans nos vallées

Résistez Oh  vous tous, mes enfants

Les fleurs repousseront un jour dans les charniers.

Persistez  oh mes enfants résistez !

 

Le lait de mon sein  ensanglanté

Oh mes enfants

Coulera toujours pour que nous vivions en paix.

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 20:05
NUIT BLANCHE.


Un p'tit moustique dans la nuit me pique ;
Il trouble mon bon sommeil onirique
Et m’expatrie d’un rêve fantastique.
Soudain, je tique d’un bond hystérique ;
Il me siffle son horrible musique ;
Rompt le silence de la nuit mutique.

J’ouvre le box magique numérique
Pour voir un film comique et non tragique.
Mais je me trouve devant TITANIC ;
J’oublie ce qui me pique et ma panique :
Je rêve avec les derniers romantiques.
Et même, avec les amoureux antiques.
Du temps des belles amours idylliques,
Du temps des fortes passions platoniques.

Tout à coup, un court circuit électrique
Me soustrait à ce beau monde utopique
Et acclame l’ère technologique
Où se vantent le sexe et le physique,
La mécanique et puis, la robotique.
Une bougie, un chandelier antique
Me replongent dans l’époque archaïque
Et éveillent le penchant qu’on critique
Aujourd’hui, de façon tant ironique.

Je sais que ma pensée est un peu hic
Ni In ni Chic mais Tac-Tic du Tic-Tac.

Samia Lamine  © 2008
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 22:37

                  
                                     JMG LE CLEZIO.



                                
 Elle était là, partout devant lui immense, gonflée, comme la pente d’une montagne, brillant de sa couleur bleue,

 profonde, toute proche, avec ses vagues hautes qui avançait vers lui.

 

             « La mer ! La mer ! » pensait Daniel.... ( Celui qui n'avait jamais vu la mer.)

 

 

Celui qui n"avait jamais vu la mer. JMG. Le Clézio. 

 La  structure de la nouvelle

 

 

Avant le départ                  (37 lignes)-

Le départ et la quête          (373lignes)-

Après le récit du voyage.  (37lignes)

 

Le récit progresse en fonction du désir du héros qui   part en quête d’un lieu inconnu qui est l’objet de ses rêves et que la partie centrale (lieu de la réalisation du désir) est encadrée par le lieu où vivait Daniel dans l’inquiétude et où les élèves restent et continuent à vivre inquiets.

 

 La vie au collège : Avant le voyage

 La quête et la réalisation du rêve : La découverte de la mer (le manque est réparé) Le voyage

 La vie au collège :Après le récit du voyage)

L 1                         L 37                                                                                    L 410 …l447                   

 


L 1 0 à 37 :
Daniel élève, différent des autres au collège, manque de joie. (AVANT LE VOYAGE)

 

L 37 à 410 :   LE RECIT du VOYAGE (373lignes)

 

                     - Réactions suite au départ de Daniel

                     -Départ en train

                     -En route à pieds vers la mer.

                     -Découverte de la mer. L 106à 409 :

 1) Arrivée près de la mer (joie)

 2) Au bord de la plage : La marée haute (Fuite) –

 3) La marée basse : Découverte des secrets de la mer et plaisir de l’amitié-

4) La marée haute (Fuite)-

5) La marée basse : Découverte d’autres secrets et joie de la découverte.

6) La marée haute (Fuite) –

7) La marée basse: Paix de  l’âme et bonheur.

 

L 410 à 447 : Le narrateur et les élèves inquiets, au collège, pensent à Daniel devenu objet de leur rêve.

 

          L’étude de la structure de la nouvelle montre que le héros est Daniel puisqu’il a un programme à réaliser et que la découverte de la mer, qui constitue le rétablissement du manque, est en fait une découverte du monde et des secrets qu’il cache. En effet, Daniel se livre à l’exploration du monde marin quand la marée est basse, que tout est dénudé devant ses yeux et que plus rien n’est caché.

Par ailleurs, on remarque que cette quête, qui ne se fait pas sans difficultés (les fuites), permet à Daniel de connaître des joies, des plaisirs et un bonheur inconnus. Donc, on peut dire que la découverte du monde aboutit à la découverte de soi et de tout ce qui est BEAU en l’homme !

Aussi, on note que cette partie centrale dilatée (374 lignes) est située entre deux passages courts (37+37lignes) et un même lieu, au début et à la fin, où règne une atmosphère d’angoisse et d’inquiétude, à l’image du monde dans lequel nous vivons. Ceci permet de dire qu’à travers cette nouvelle, Le Clézio trace le chemin à suivre pour s’approprier un monde qui se réduit à RIEN si on ne tente pas de le découvrir : les élèves qui ne sont pas sortis du collège sont restés dans l’inquiétude mais « le pacte conclu sans le savoir avec Daniel », comme dit le narrateur à la fin, est la preuve que la quête de Daniel est leur destin et celui de tout homme.

             Enfin, et comme dans la nouvelle le voyage de Daniel est présenté en tant que récit d’une quête, on  peut en déduire que pour Le Clézio l’appropriation du monde se fait à travers l’expérience de l’écriture.

 

 LAMINE SAMIA. (2007) 

A lire aussi: JMG. LE CLEZIO. "Celui qui n'avait jamais vu la mer." :

Le cadre temporel.

Le cadre spacial.

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 22:05

BONHEUR.

Nous naissons à la vie et cherchons le bonheur.
Mais, mais qu’est-ce sentiment et quelle est sa valeur ?
Quelles sont les règles de l’art d’être heureux ?
Est- ce que peut connaître la joie celui qui veut ?
Méditons et réfléchissons un tout petit peu !

Ce beau sentiment de plénitude et de paix,
Durable ou un petit instant inoubliable,
Envahit l’esprit et le cœur gai et aimable :
Le temps d’avoir reconnu son identité,
Le temps d’avoir vu se réaliser ses rêves,
Le temps d’avoir profité, joui et ri sans trêve
Le temps d’avoir vécu l’amour et sa liesse,
Le temps d’avoir bu son nectar jusqu’à l’ivresse,
Le temps d’avoir goûté, offert ses élixirs
Sans réticence aucune, à tous, avec plaisir.

Ce beau sentiment de plénitude et de paix,
Durable ou un petit instant inoubliable,
Envahit l’esprit et les cœurs braves et serviables :
Il procure une paisible satisfaction
A qui a concouru à l’illumination
De sa communauté et de l’humanité,
A qui a lutté contre l’inégalité,
La haine, les guerres et toute la pollution,
A qui a exercé ses droits, choisi ses lois
En toute foi, conscience et toute liberté

Ce beau sentiment qu’on appelle le Bonheur
Qui éclaire et embellit les yeux et le coeur
Ne souffre ni égoïsme ni jalousie,
Renie la méchanceté et l’hypocrisie,
L’envie, l’avidité et la cupidité.
Il abhorre qui se soumet, attend et dort,
Qui jamais n’agit, se plaint toujours de son sort.
Il n’aime ni les crocs ni les griffes affilés.
Sauvages et barbares ne lui sont pas chéris ;
Ceux là ne connaîtront jamais son euphorie.

Ainsi, j’appelle les cœurs humains à s’ouvrir
Sans quoi notre monde finira par périr,
L’’humanité se perdra et pourra mourir.

Alors, il ne restera plus que le chaos ;
Et l’univers reviendra au degré zéro.

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 12:34


                                              DEFI.


Tel un fantôme au visage hideux,

Elle fixe avec son regard aboli dans son creux,

Avance au pas de ses os crissants

Et crache la flamme de ses mots brûlants.

 

« -Oh ! Vivant aveugle et sourd !

Où vas-tu ? Regarde la pendule de tes jours !

Elle traîne et tourne sans détours à pas lourds,

Branches millénaires d’un arbre aux veines noueuses,

Araignées dans les coins des grottes poussiéreuses.

 

-Ombre noire ! Les yeux de mon corps la voient,

La langue de mes mots ne l’ignore pas.

Et  mon squelette épuisé la transperce

Ignorants la houle de ses minutes qui tergiverse.

Roi de Corinthe, je ne me lasse pas des poids 

Quand bien même le ciel s’écroulerait sans retour,

Quand bien même mon empire roulerait sans secours.

 

Minuscule Hercule, j’aurais été sous ton rude tronc,

Mon doux chant défiera ton gigantesque  démon ! »

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 22:47

 

                               
      
                                                         KACEM ET BAHIA.



  Comme tous les petits, il aimait jouer au ballon, à la toupie et aux billes dans le quartier avec ses amis. Comme tous les petits, il a eu peur de l’école le premier jour de la rentrée. Comme tous les petits, il aimait beaucoup son institutrice qui était douce, tendre et attentionnée. Comme tous les petits, il aimait sa mère.
        Mais lui, ne connaissait pas sa mère décédée au passage d’un barrage alors qu’elle devait aller à l’hôpital pour accoucher.
        Il était, donc, né dans la rue et son premier cri fut accompagné du rugissement des obus qui achevèrent les douleurs originelles de sa maman.
        
        Un jour, il pleuvait à torrent. Il errait dans les rues vides. Sa longue chevelure noire collait à ses joues et couvraient un front que le destin géographique avait déjà sillonné. Il marchait à pas lents. Le vent, très fort, venait d’abattre des arbres qui avaient vu les bulldozers de la destruction… 

        C’étaient des oliviers, pourtant, réputés pour être éternels. Mais le souffle de la nature en colère patronné par l’œuvre destructrice de l’homme avait rendu sa tâche facile. Ils roulaient au milieu de la chaussée sans qu’il soit tenu compte du code routier.
        Le jeune homme était muet quoiqu’il eût envie de crier et d’implorer le vent. Mais ses cordes vocales furent étranglées et sa gorge ne laissait pas sortir les mots. Alors, il se mit à courir…
        Et entraîné par la force éolienne, il arriva au bout d’un chemin où se dressait encore un de ces géants plantés depuis des milliers d’années car il avait, à tout, résisté. Mais, il s’y cogna et tomba sans pousser aucun cri. Le lendemain, il se réveilla. L’arbre ou son fantôme, il ne savait plus, n’était plus là!
        
        Des perles de larmes limpides perlaient des deux yeux noirs effrayés et caressaient ses joues. Des mains blanches étaient enfouies dans la nuit de sa chevelure encore humide. Etait-ce un ange? Une fée? Une apparition? 

 

       Soudain, il sursauta.
        C’était Bahia son ami d’enfance ! Pendant des années, ils s’assoyaient sur le même banc. Pendant des années, leurs cœurs, réprimés et séparés par des murs en béton, battaient l’un pour l’autre. Pendant des années, leurs âmes muettes se parlaient à distance. Pendant des années, leurs regards attendaient le miracle de cette tempête !
        Kacem se retrouva après toutes ces années. Le temps avait tout tué en lui sauf l’amour de la terre. Pourtant, le travail de la terre, dans les oliveraies des colonies avoisinantes qui entouraient son petit village comme un champ clôturé de barbelées, avait durci ses mains.
        Et avec ses mains amoureuses et nostalgiques des années innocentes, il écarta un rayon du soleil qui effleurait les petites lèvres fraisées de sa bien aimée… Puis, il serra tendrement ce buste mûri…
        Et ils se levèrent… Ils marchèrent doucement, lentement, sans se parler…sans se dire un mot…Ils se sont posés la tête l’un contre celle de l’autre comme pour chercher à assouvir leur désir de la paix et de la sérénité de l’âme, comme pour s’abreuver de la tendresse et de la douceur qu’ils n’avaient jamais ressenties depuis les derniers jeux innocents…

 
           A huit ans, en revenant de l’école, Bahia avait vu son père, sa mère, son petit frère et sa poupée sous les décombres de leur immeuble bombardé. Sa tante avait demandé qu’elle aille chez une cousine pour qu’elle y mange et dorme et afin de lui épargner de voir les corps ensanglantés, déchirés, concassés et les os brisés et broyés. 

        Mais la petite, habituée à ces spectacles, comprit qu’elle devint orpheline. Elle criait en silence. Elle pleurait son papa, sa maman, Midou et Lina ! Midou était son petit frère Mohamed âgé de trois ans et Lina sa poupée avec laquelle elle jouait, qu’elle coiffait, lavait et habillait. Et depuis, elle ne les a plus revus !

        En retrouvant Kacem, ce jour là, Bahia retrouva le temps perdu et pensa que ses larmes allaient sécher.

 En effet, deux mois après leur rencontre, Kacem et Bahia se marièrent. Amis, voisins, tous les gens du village étaient là. On dansait la dabka. On chantait et poussait des youyous de joie.
        Mais, vers minuit, les festivités furent interrompues par un signal d’alarme et les hélices des hélicoptères qui tournoyaient et sonnaient le glas!
        En hâte, tous les invités embrassèrent les deux nouveaux époux qui pensaient être enfin réunis, qui croyaient qu'ils allaient goûter aux plaisirs de la vie et vivre un bonheur que leurs yeux, étincelants pour la première fois, n’avaient jamais connu !
        Après s’être promis fidélité et s’être jurés de se soutenir dans le meilleur et le pire, ils partirent. La voiture décorée de rubans du Cheikh Ahmed les emmena chez eux : un petit appartement qu’il avait loué pour quelques Lires.
        
        
        Mais, avant d’arriver à leur maison, ils sentaient l’odeur de la fumée ; Ce n’était pas de l’encens provenant des canouns. Et quand ils s’en approchèrent des gouttes d’eau mouillaient la voiture; Ce n’était pas de l’eau de rose. Ils entendaient des voix excitées; Ce n’était pas des youyous. Ils voyaient des étincelles brillantes ; Ce n’était pas un feu d’artifice.
        Et enfin, ils étaient à deux pas de leur foyer : l’immeuble était complètement détruit, les chiens flairaient les décombres, les sapeurs pompiers venaient d’éteindre les flammes, les infirmiers emportaient les blessés et les volontaires mettaient les cadavres dans des sachets.
        
        Kacem et Bahia se regardèrent. Puis, leurs yeux écarquillés sondèrent l’aurore. Le soleil allait se lever…  



         © 2008 Samia Lamine

 

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Samia Lamine - dans Récit
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