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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:48

 

 

LES FIGURES DE STYLE

 

Comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, métonymie… sont les figures de style qu'on retrouve le plus souvent dans les textes ou dans les questions (Quelle est la figure de style utilisée ? expliquez-la…). En bas de page, vous trouverez deux liens pour en savoir davantage.

 

On appelle figures de style des procédés d'écriture qui permettent d'exprimer une idée ou un sentiment en leur donnant une force particulière.

 

1. LES FIGURES DE RAPPROCHEMENT ("figures par analogie" ou "images")

 

- la comparaison

On rapproche deux éléments, le comparé et le comparant, en les exprimant tous les deux, pour souligner un point commun, à l'aide d'un outil de comparaison (comme, tel, semblable à, pareil à...)

Le fleuve est  pareil à   ma peine. (Apollinaire, Marie).

(comparé)       outil     (comparant)         

Le point commun du fleuve et de la peine ? Ils sont intarissables.

 

- la métaphore

La comparaison est sous-entendue ; il n'y a pas d'outil de comparaison. On n'exprime pas le rapport qui permet le rapprochement:

Les perles de rosée… (Les gouttes de rosée sont comparées à des perles : le rapprochement s'appuie sur la forme des gouttes et des perles, mais aussi sur leur éclat.)

Lorsque la métaphore se poursuit sur plusieurs propositions ou phrases, on parle de métaphore filée.

 

- la personnification

On attribue à une chose ou à un animal un comportement, un sentiment, une qualité humaine :

Le ciel est en colère (pour parler de l'orage)

 

- l'allégorie (fém.)

On exprime une idée, un sentiment, par une forme concrète, leur faisant perdre ainsi leur aspect abstrait :

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, peut gémir. (Desnos, Demain)

 

2. LES FIGURES DE REMPLACEMENT (ou de substitution)

 

- la synecdoque

On désigne un objet par l'une de ses parties : les voiles  pour les bateaux ; on peut également désigner une personne ou un objet par sa qualité : un humain pour un homme, un rond pour une pièce de monnaie ; ou encore l'objet par la matière : un jean (= un pantalon en jean)

 

- la métonymie

Très proche de la synecdoque, avec laquelle on la confond souvent, la métonymie désigne la personne ou l'objet par une association d'idées : l'Elysée pour la présidence de la République ; Matignon pour le chef du gouvernement ; une plume pour un écrivain ; boire une bouteille pour boire une boisson…

 

- la périphrase

On emploie plusieurs mots pour désigner quelque chose ou quelqu'un sans le nommer ; c'est une sorte de définition, de devinette :

L'île de beauté (= la Corse) ; les entrailles de la terre (= les profondeurs du sol) ; à l'heure où blanchit la campagne, V. Hugo (= l'aube)

 

3. LES FIGURES D'INSISTANCE (ou d'exagération, d'amplification)

 

- la gradation

Ce sont des termes généralement de plus en plus forts (pour le sens) qui se succèdent dans une phrase ou dans un vers :

Va, cours, vole, et nous venge ! (Corneille, Le Cid)

 

Ou, plus connu, à propos du nez de Cyrano de Bergerac :

C'est un roc, c'est un pic, c'est un cap.

Qui dis-je c'est un cap, c'est une péninsule. (Edmond Rostand, Cyrano)


Cependant, on distinguera la gradation "ascendante" de la gradation "descendante" : dans la première, les termes sont de plus en plus forts tandis que dans la seconde, les termes sont de moins en moins forts.

Exemple : "Ca dure bien toute une nuit à brûler, un village (...), à la fin, on dirait une fleur énorme, puis rien qu'un bouton, puis plus rien." (Céline)

 

- l'hyperbole (fém.)

On emploie des termes exagérés, trop puissants, pour frapper l'imagination :

Mourir de peur ; se tuer au travail ; une avalanche de cadeaux...

 

- l'anaphore (fém.)

On répète un même mot au début de plusieurs vers ou phrases :


Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant (…)

(Aragon, Strophes pour se souvenir)

 

Honte à ceux qu'un ciel pur ne fait pas soupirer
Honte à ceux qu'un enfant tout à coup ne désarme
Honte à ceux qui n'ont pas de larmes
Pour un chant dans la rue une fleur dans les prés 

(Aragon, Cantique à Elsa)


- l'accumulation

On énumère au moyen de la juxtaposition plusieurs éléments de même nature pour approfondir la pensée, l'enrichir ou l'agrandir.

Devant eux, sur de petites tables carrées ou rondes, des verres contenaient des liquides rouges, jaunes, verts, bruns, de toutes les nuances. (MaupassantBel Ami).

 

4. LES FIGURES DE L'ATTÉNUATION

 

- l'euphémisme (masc.)

On atténue une réalité brutale par une expression plus douce :

Il n'est plus très jeune. (= il est vieux.) ; Il n'est plus (= il est mort)

 

- la litote

On dit peu pour exprimer davantage (souvent à la forme négative) :

Ce n'est pas mal = c'est bien. ; Va, je ne te hais point = je t'aime. (Corneille,  Le Cid)

 

5. LES FIGURES DE CONTRASTE (ou d'opposition)

 

- l'antithèse (fém.)

On rapproche deux idées qui s'opposent fortement :

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents (Desnos, Demain)

 

- le chiasme

Expression construite autour de 4 termes, fonctionnant 2 par 2 (le 1er et le 4e, le 2e et le 3e), qui sont de même nature et se répondent.

Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger (Molière, L'avare)

             (1)             (2)              (1)             (2)

 

- l'oxymore ou oxymoron (masc.)

Expression constituée de deux mots apparemment inconciliables de sens, individuellement, (expression donc proche de l'antithèse), mais qui ont un sens quand ils sont associés :

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille, Le Cid)

La guerre : une boucherie héroïque (Voltaire, Candide)

 

- l'antiphrase (fém.)

On dit, par ironie, le contraire de ce que l'on pense mais le ton employé ou l'expression du visage ne laisse aucun doute sur le sens du message :

Et bien, tu es propre ! (à un enfant qui s'est sali) ; Bravo ! Beau travail... (à quelqu'un qui a échoué).

 

6. LES FIGURES DE CONSTRUCTION 

 

- Le parallélisme 

On utilise une syntaxe semblable (construction grammaticale) pour deux énoncés afin de rythmer une phrase, un vers. Le parallélisme peut être rapproché de la comparaison car on compare, généralement, deux objets, deux idées, en les approchant l'un de l'autre pour mieux faire sentir leurs rapports, leurs oppositions...

Que la nature est belle et que le cœur me fend (Aragon, Strophes pour se souvenir)

Innocents dans un bagne, anges dans un enfer (V. Hugo, les Contemplations)

 

Source de l'article.

 

 

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Drevet 21/02/2017 14:48

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