Le luth est un instrument chargé de signification symbolique. Il incarne la convergence acoustique de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique qui forment la circonférence irrégulière de la
Méditerranée. Un luthiste capable d’explorer les replis les plus secrets du son et de réfléchir longuement et amoureusement à l’héritage musical du monde arabe et islamique en général, est donc
témoin de transformations culturelles aussi complexes que profondes.
La difficulté de cataloguer sa musique donne la mesure de la qualité de son parcours artistique. Échappant à tout étiquetage, ou plutôt se faufilant à travers les définitions qui vont du jazz au
new age en passant par la world music, Anouar Brahem a confirmé une liberté d’expression peu commune dans l’environnement musical dans lequel il travaille. Entre les chansons populaires et les
grands orchestres pléthoriques, on pourrait penser qu’il y a peu de place pour un soliste. Pourtant, avec ténacité et patience, il a réussi à se faire une vraie place, là où son instrument semblait
voué au rôle d’accompagnateur du chant. Si de nombreux jeunes luthistes d’aujourd’hui considèrent l’oud comme un instrument particulièrement expressif, c’est beaucoup grâce à l’exemple donné par ce
musicien tunisien, ainsi bien sûr que par les frères irakiens Jamil et Mounir Bashir.
Son penchant pour les formes cosmopolites de musique arabe, d’influence turque, révèle à la fois sa conception de l’oud, liée à l’essence du langage traditionnel (frontière transnationale
représentée par les constellations modales, maqamat en arabe) et la parenté organique entre les divers membres de la grande famille des luths méditerranéens. D’où ses allusions à la guitare, au saz
et au baglama, éléments d’une identité composite où ressortent les affinités entre des instruments qui sont autant de véritables piliers musicaux.
Son élan vers l’Orient, de la Tunisie et du monde arabe vers l’Asie, de la Turquie à l’Inde, suggère une curiosité jamais apaisée. La rigueur et le perfectionnisme sont évidemment des traits
distinctifs, essentiels, de l’art musical islamique. On y trouve d’un côté la propension aux géométries mélodiques et aux motifs symétriques, sorte d’hérédité “classique”, et de l’autre la capacité
à s’abstraire du présent, de l’histoire et de la matière, transformée en sons sublimes et délicats. La façon dont Brahem conjugue des formes ouvertes et fermées révèle sa personnalité
artistique.
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MIROIR,REFLET,REGARD,PORTE ET OUVERTURE SUR MOI,TOI,LUI dans un UNIVERS qui constitue l'unité des êtres et des choses dans la dimension illimitée du temps et l'espace par rapport auquel on se définit.
Un désir de créer la beauté là où il y a la laideur en nous ou à l'extérieur pour que le monde soit plein d'Amour et de Bonheur.
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